Autoportrait d’une Émerveilleuse
- catiap9
- 28 juin
- 3 min de lecture
Ce texte est écrit à l’occasion de mon adhésion à l’association et je suis heureuse de le lui dédier.
D’aventure en aventure, l’Ardèche s’est révélée comme un berceau de la force de l’âge. Je viens de vivre 25 années à ancrer une vie de femme aux multiples facettes dans un territoire vibrant, enchanteur et stimulant.
Juin 2000 : je suis nommée, en qualité de professeure des écoles débutante, dans le Finistère. J’ai 28 ans et rien ne laisse présager ce qui va se passer. Nomade dès mon jeune âge pour suivre les mutations régulières de mon père, j’éprouve un besoin intense de me sédentariser. La campagne bretonne de la baie de Douarnenez me séduit depuis mes premiers pas sur son sol, mais l’affectation à Morlaix, un an plus tard, beaucoup moins. Je crains tellement la grisaille. Familière de l’art de la migration, je décide de tenter une expatriation vers le sud. Je trace une ligne horizontale qui partage l’hexagone en deux au niveau de Lyon et réalise des vœux d’exeat pour changer de département. Je me souviens toujours des trois premiers : Ardèche, Ariège, Alpes-de-Haute-Provence parce qu’ils résonnent avec douceur climatique, ruralité et convivialité.
Septembre 2001 : me voilà parachutée dans un gite à Vogüe Gare, loin de me douter que c’est dans cette région de France que je vivrai la deuxième partie de ma vie d’adulte. Je viens d’obtenir un poste de remplaçante à l’école de Baza à Aubenas (qui n’existe plus aujourd’hui). Le vagabondage est à mes trousses. Ma petite Clio blanche va arpenter les routes ardéchoises à la rencontre de centaines de petits cerveaux avides de connaissances. Un régal ! Puis le besoin de stabilité de jeune mère frappe à la porte de ma conscience et m’amène, avec ma petite famille, à Aubignas d’abord, à Alba la Romaine ensuite pour y exercer cet exigeant métier d’instituteur. J’aborde la trentaine, mon passé engagé me rattrape, le désir de m’investir pour le collectif me titille. Gaz de schiste, jeunesse, bien-être local, je déborde d’idée et de projets. Je goute même aux joies du mandat municipal. Ma famille s’agrandit, mes enfants fleurissent comme le souci. La vie ardéchoise est synonyme pour moi d’épanouissement. Des raisons personnelles me poussent à changer de voie. Déménagement, reconversion, nouveau départ. L’Ardèche, n’est pas le pays de mon enfance, mais il aurait pu l’être. Je choisis d’y rester. Amoureuse de la nature et des relations humaines, j’y trouve l’énergie et la vitalité nécessaires aux différentes activités que j’y exerce — professionnelles, institutionnelles, citoyennes, bénévoles, amicales, culturelles, environnementales… et l’amour aussi !
Juin 2026 : ma petite entreprise d’accompagnement autobiographique me donne des ailes. Ma machine interne à imaginer, à créer, à prendre des initiatives s’anime.
Ici, j’ai l’impression de rencontrer toute la diversité du monde. Ici, des paroles de femmes, d’hommes, d’enfants ne cessent de me combler. Ici, le patrimoine local me stimule. Ici, je me nourris d’une perpétuelle vague de générosité. Ici, je me sens bien. Ici, je rêve d’écrire pour participer à l’instinct de transmission latent en chacun de nous.
L’Ardèche est une terre d’accueil où les relations peuvent parfois prendre du temps à se nouer, mais où la sincérité de l’échange se cultive. Je viens de rejoindre l’association Émerveillés par l’Ardèche à la suite d’une présentation animée par Florent, son chargé de développement. Pourquoi ? Parce que je pense que cette association offre des perspectives en matière de tissage de liens. Intégrer l’association constitue un geste symbolique dans le cadre de ma nouvelle activité. En effet, j’ai choisi de quitter l’éducation nationale pour me consacrer à la valorisation des histoires locales — histoires d’habitants, histoires de travailleurs et de recruteurs, histoires de visiteurs. Ainsi je donne la parole à ceux qui ont des racines en Ardèche, à ceux qui ont décidé de s’y installer, à ceux qui y viennent chaque saison pour se détendre. Je mise sur ce réseau d’émerveilleurs, pour accroitre ma visibilité et mes services, mais aussi pour faire découvrir aux acteurs du territoire l’intérêt de s’engager dans un projet biographique. En recueillant la parole et en la mettant en récit dans un ouvrage dédié, nous contribuerons à renforcer de manière tangible l’image et l’attractivité de l’Ardèche. Biographies d’entreprise, d’association ou de collectivité, livres autobiographiques : à chacun son outil pour transmettre, communiquer, fédérer. Mon métier consiste à accompagner dans cette mission.


Commentaires